08/12/2025
CSE: Missions et fonctionnement
FAQ

Différence élu titulaire et suppléant CSE

différence élu titulaire et suppléant cse

Dans chaque entreprise de plus de 11 salariés, le Comité Social et Économique (CSE) joue un rôle central dans le dialogue entre l’employeur et les salariés. À la tête de cette instance, on retrouve les représentants du personnel, divisés en deux catégories : les élus titulaires et les élus suppléants. Deux fonctions complémentaires, souvent confondues, mais pourtant bien distinctes.

Si le titulaire est celui qui siège officiellement aux réunions du CSE, le suppléant, lui, peut sembler en retrait… à tort. Car son rôle est tout aussi stratégique dans la représentation du personnel. Pour les salariés comme pour les élus eux-mêmes, comprendre les différences entre ces deux statuts est essentiel pour connaître ses droits, ses missions et ses marges d’action.

Cet article vous guide pas à pas pour mieux comprendre les rôles, les obligations et les prérogatives de chacun. Que vous soyez salarié, futur candidat ou membre du CSE, vous aurez toutes les clés pour tout savoir sur la délégation du personnel.

Comprendre les bases du fonctionnement du CSE

Qu’est-ce que le Comité Social et Économique (CSE) ?

Le CSE, ou Comité Social et Économique, est l’instance unique de représentation du personnel en entreprise. Depuis les ordonnances Macron de 2017, il a remplacé les anciennes instances représentatives (comité d’entreprise, CHSCT et délégués du personnel). Son rôle ? Représenter les salariés auprès de l’employeur sur tous les sujets liés aux conditions de travail, à la santé, à la sécurité, mais aussi aux avantages sociaux, à la vie de l’entreprise ou encore à l’organisation du travail. Le CSE s’adapte à la taille de l’entreprise : plus elle est grande, plus ses missions sont étendues.

Qui compose le CSE ?

Le CSE est composé de :

Ces représentants sont répartis en élus titulaires et élus suppléants. Dans les entreprises de plus de 50 salariés, le CSE désigne un secrétaire, un trésorier, ou encore des représentants syndicaux.

Rôle central des représentants du personnel

Les représentants du personnel sont la voix des salariés. Ils portent leurs revendications, posent des questions à l’employeur, formulent des propositions et mettent en place des Activités Sociales et Culturelles (ASC) pour améliorer  et la qualité de vie des salariés et veillent à la bonne application du Code du travail et des accords collectifs.

Élu titulaire : un rôle actif et permanent

Être élu titulaire au CSE, c’est assumer un rôle central dans la vie de l’entreprise. Ce mandat donne non seulement des droits spécifiques, mais aussi des responsabilités importantes vis-à-vis des salariés et de l’employeur.

Droits des élus titulaires

Droit de vote lors des réunions

Les élus titulaires participent aux réunions plénières du CSE avec un pouvoir décisionnel. Ce sont eux qui votent les résolutions, donnent leur avis sur les projets de l’employeur, et prennent part aux consultations obligatoires. Leur voix compte réellement dans les décisions du comité.

Heures de délégation mensuelles

Pour exercer leur mission, les titulaires bénéficient d’un crédit d’heures de délégation. Ce temps est rémunéré comme du temps de travail effectif. Le volume d’heures varie selon l’effectif de l’entreprise. Ces heures permettent de préparer les réunions, d’échanger avec les salariés, de consulter les documents du CSE ou encore de se former.

Accès à la formation (économique, SSCT)

Les titulaires ont droit à des formations spécifiques pour exercer pleinement leur mandat :

  • Une formation économique pour comprendre le fonctionnement de l’entreprise, son budget, ses orientations stratégiques.
  • Une formation en santé, sécurité et conditions de travail (SSCT) pour les élus concernés, notamment dans les entreprises de plus de 50 salariés.

Ces formations sont prises en charge par l’employeur ou le CSE selon les cas.

Obligations des titulaires

Présence obligatoire aux réunions

Les titulaires ont l’obligation d’assister aux réunions du CSE. Leur présence garantit la représentativité du personnel et le bon fonctionnement de l’instance. Une absence non justifiée peut fragiliser le travail collectif et retarder certaines décisions importantes.

Participation active aux décisions du CSE

Un élu titulaire ne se contente pas d’être présent : il s’implique. Il pose des questions, formule des avis, participe aux votes et relaie les préoccupations des salariés. Il peut aussi faire des propositions concrètes pour améliorer les conditions de travail, la qualité de vie ou l’organisation.

Devoir d’information envers les salariés

Enfin, l’élu titulaire est un intermédiaire de confiance entre les salariés et la direction. Il a pour mission de transmettre les informations, d’expliquer les décisions prises en réunion, et de recueillir les remontées du terrain. La communication est une partie essentielle de son mandat.

Élu suppléant : un rôle complémentaire mais essentiel

Souvent perçu comme « dans l’ombre » du titulaire, l’élu suppléant joue pourtant un rôle clé au sein du CSE. Même s’il ne siège pas systématiquement, sa présence dans la dynamique du comité est importante. Il doit être prêt à prendre le relais à tout moment et bénéficie de droits spécifiques pour exercer efficacement son mandat.

Présence aux réunions

Suppléant convoqué à toutes les réunions

Même s’il ne siège pas d’office, le suppléant est obligatoirement convoqué à chaque réunion du CSE. L’employeur doit lui transmettre les mêmes documents que pour les titulaires : convocation, ordre du jour, pièces jointes. Cela lui permet de rester informé et de se tenir prêt en cas de remplacement.

Ne siège qu’en cas d’absence du titulaire

En pratique, le suppléant n’assiste aux réunions qu’en remplacement d’un titulaire absent. Il ne dispose pas de droit de vote lorsqu’il n’est pas officiellement appelé à siéger. Cette limitation ne l’empêche pas de s’impliquer en dehors des réunions plénières : en participant à des inspections, en se formant ou en relayant les préoccupations des salariés.

Droits du suppléant

Accès à toutes les informations (ordre du jour, BDESE, PV…)

Le suppléant doit être aussi bien informé que le titulaire. Il a accès à :

Cette transparence garantit sa capacité à remplacer efficacement un titulaire au pied levé.

Droit à la formation SSCT

Comme les titulaires, les suppléants ont droit à la formation en santé, sécurité et conditions de travail (SSCT). Cette formation est indispensable pour comprendre les risques professionnels, les obligations de l’employeur et les moyens d’action du CSE dans ce domaine.

Partage des heures de délégation avec d’autres élus

Un suppléant peut exercer son mandat grâce à des heures de délégation mutualisées avec d’autres élus. Il peut en bénéficier si :

  • Cela ne dépasse pas 1,5 fois le crédit d’heures mensuel d’un titulaire
  • Il informe l’employeur au moins 8 jours avant l’utilisation des heures (article R2315-6 du Code du travail)

Ce système permet une répartition souple du temps d’engagement entre les membres du CSE.

Droit d’alerte (santé publique, environnement)

Le suppléant dispose d’un droit d’alerte s’il constate un risque grave en matière de santé publique et d’environnement. Il peut alors signaler le danger à l’employeur ou alerter l’inspection du travail, selon les procédures prévues.

Participation aux inspections en santé et sécurité

Le suppléant peut participer aux visites d’inspection décidées par le CSE. Il peut aussi accompagner l’inspection du travail lors de ses contrôles dans l’entreprise. Ce rôle lui donne un regard concret sur les conditions de travail.

Remplacement du titulaire par un suppléant

Lorsque l’un des élus titulaires du CSE ne peut plus assurer sa fonction, le suppléant prend le relais. Ce mécanisme permet d’assurer la continuité de la représentation du personnel, même en cas d’absence imprévue ou de départ définitif. Mais ce remplacement ne se fait pas au hasard : il obéit à des règles précises, prévues par le Code du travail.

En cas d’absence temporaire ou départ d’un titulaire

Un suppléant est amené à remplacer un titulaire dans deux cas :

  • Absence temporaire : congé maladie, congé maternité, mission extérieure…
  • Fin de mandat anticipée : démission du CSE, départ de l’entreprise, perte des conditions d’éligibilité…

Pendant toute la durée de l’absence, le suppléant bénéficie des mêmes droits que le titulaire : il siège en réunion, participe aux votes et dispose du même crédit d’heures de délégation.

Critères de remplacement

Le remplacement d’un titulaire par un suppléant est encadré pour respecter la représentativité syndicale et la logique du scrutin.

Priorité au suppléant de la même liste syndicale

La priorité est toujours donnée à un suppléant issu de la même liste syndicale que le titulaire remplacé. Cette règle vise à respecter l’équilibre issu des élections.

Puis suppléant de la même catégorie ou d’un autre collège

Si aucun suppléant de la même liste n’est disponible :

  • On peut désigner un suppléant de la même catégorie professionnelle (cadres, agents de maîtrise, employés…) mais d’un autre collège.
  • À défaut, un autre suppléant élu peut être appelé, en fonction de son appartenance syndicale et du nombre de voix obtenues.

En l’absence de suppléant élu : recours à un candidat non élu

Si aucun suppléant élu n’est disponible, le remplacement peut être assuré par un candidat non élu présenté lors des élections par l’organisation syndicale concernée. Dans ce cas, c’est le candidat venant immédiatement après le dernier élu titulaire ou suppléant qui est appelé à siéger. Ce dispositif permet d’assurer un remplacement rapide, sans nécessiter une nouvelle élection.

Que se passe-t-il si aucun remplaçant ne correspond aux critères ?

Dans des cas exceptionnels, aucun suppléant ni candidat non élu ne peut être désigné. Le siège reste alors vacant jusqu’à la fin du mandat ou jusqu’à de nouvelles élections partielles, si les conditions sont réunies (perte de la majorité des titulaires, par exemple).

Durée du remplacement

Le remplacement prend fin :

  • Dès que le titulaire revient dans ses fonctions (en cas d’absence temporaire)
  • Ou jusqu’au terme du mandat si le titulaire a définitivement quitté le CSE

Pendant toute cette période, le suppléant exerce l’intégralité des attributions du titulaire, comme s’il en avait été élu lui-même.

Attributions du suppléant en cas de remplacement

Lorsqu’un élu suppléant est amené à remplacer un titulaire, il ne joue plus un rôle secondaire : il devient, pour toute la durée du remplacement, un membre à part entière du CSE. À ce titre, il dispose des mêmes pouvoirs et devoirs que le titulaire. Ce statut temporaire peut avoir un réel impact sur le fonctionnement du comité.

Il siège avec les mêmes droits que le titulaire

Une fois appelé à remplacer un titulaire absent ou démissionnaire, le suppléant prend sa place dans l’instance. Il assiste aux réunions du CSE et participe activement aux échanges. Il a accès à tous les documents préparatoires, peut poser des questions et intervenir sur tous les sujets à l’ordre du jour.

Il prend part aux votes

Le suppléant devenu remplaçant dispose du droit de vote, tout comme un titulaire. Il peut donc :

  • Donner son avis sur les projets présentés par l’employeur
  • Son vote a la même valeur juridique que celui d’un titulaire.

Il assure la continuité du rôle de représentation

Le remplacement d’un titulaire ne doit jamais créer de vide dans la représentation du personnel. Le suppléant assure donc la continuité du dialogue social :

  • Il relaie les préoccupations des salariés
  • Il suit les dossiers en cours
  • Il poursuit les actions engagées par le titulaire ou l’équipe du CSE

Il devient temporairement un membre décisionnaire du CSE

Pendant la durée de son remplacement, le suppléant devient un membre pleinement décisionnaire. Il peut être désigné pour une mission spécifique, participer à une commission ou représenter le CSE lors de réunions avec la direction ou les prestataires. Il endosse toutes les responsabilités du titulaire.

Il conserve son droit à la formation et aux heures de délégation

Le suppléant remplaçant dispose des mêmes moyens que le titulaire :

  • Heures de délégation : il bénéficie du crédit mensuel du titulaire qu’il remplace
  • Formations : il peut continuer ou entamer une formation liée à son mandat (formation économique ou SSCT)

Cela lui permet d’exercer ses fonctions dans les meilleures conditions et d’être pleinement opérationnel.

Foire aux questions (FAQ)

Un suppléant peut-il assister à toutes les réunions du CSE ?

Non. Le suppléant est convoqué à toutes les réunions du CSE, mais il ne siège que s’il remplace un titulaire absent. Cela signifie qu’il peut lire l’ordre du jour et les documents, mais ne participe pas activement à la réunion, sauf en cas de remplacement effectif.

Seulement lorsqu’il remplace un titulaire. En dehors de ce cadre, le suppléant n’a pas de droit de vote en réunion. Lorsqu’il est appelé à siéger, son vote a la même valeur que celui du titulaire.

Non. Le partage d’heures de délégation est autorisé sous certaines conditions. Il doit être prévu dans le règlement intérieur ou décidé collectivement par les élus. Le suppléant doit prévenir l’employeur au moins 8 jours à l’avance et ne peut pas utiliser plus de 1,5 fois le crédit d’heures d’un titulaire.

En principe, non. Lorsqu’un titulaire est absent, c’est au suppléant de prendre sa place conformément aux règles du Code du travail. Refuser sans motif valable pourrait nuire au bon fonctionnement du CSE.

Tous les documents transmis aux titulaires doivent également l’être aux suppléants :

  • Convocation aux réunions
  • Ordre du jour
  • Pièces jointes et rapports
  • Procès-verbaux des réunions
  • Accès à la BDESE (base de données économiques, sociales et environnementales)

La distinction entre élu titulaire et suppléant au sein du CSE est parfois floue, mais elle est essentielle pour comprendre le fonctionnement de cette instance. Le titulaire est l’acteur principal du comité, présent aux réunions et décisionnaire. Le suppléant, de son côté, reste dans l’ombre… mais jamais bien loin. Même sans siéger régulièrement, le suppléant joue un rôle fondamental dans l’équilibre du dialogue social. Il garantit la continuité de la représentation du personnel, contribue à la dynamique du CSE et dispose de leviers d’action concrets.

En tant que salarié ou élu, mieux comprendre ces rôles, c’est aussi mieux défendre ses droits et participer activement à la vie de l’entreprise.

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